Le temps passe si vite au travers de nos têtes
Il file entre nos doigts, et jamais ne s'arrête
Une effluve impalpable qui, d'un simple clin d'oeil,
Souffle le grain de sable, estompe les écueils.

Toi et ton vague à l'âme, tu divagues et tu rames,
Tu crèches dans la ruelle, d' la rumeur au ramdam,
T'as oublié le ciel, tu restes là en rade,
Ce reflet dans ta lame te paraît un peu crad'.

Ref : Tu rêves d'une étincelle, d'un' braise ou d'une flamme
Pour allumer la mèche,
D'un arc-en-ciel, du plaisir de quitter Paname
Te sortir de la dèche.

Le temps d'un' bonne cuite, tu crois y voir plus clair,
Tu repouss's les limites, tu défies les frontières...
L'effronté d'hier peut renaître de ses cendres,
Puisse-t-il au moins ne plus jamais redescendre.
Là plus rien ne t'agace, pas mêm' tout's ces crevasses,
Tu regardes plus loin que l'bout de tes godasses,
L'oeil visant l'horizon tout en serrant les poings,
Tu jur's sur ta raison de r'prendre le chemin.

Ref.

Ainsi fondent, fondent, fond'nt les petites mignonettes,
Ell's répandent une onde aux multiples facettes.
Car ton carafon carbur' sous tous ces cartons,
Car tes poches percées perdent leurs derniers ronds...

Egarés, écartés, tes écarts de quartier,
Tes rencards trop usés au "sourire édenté",
Au rendez-vous d'la disette et du pique-assiette,
Tu songes à d'autres rives ou à d'autres planètes.

Ref.