D'un pas pressé sur l'macadam,
Il sort du treiz' rue d'la rétame,
Il fuit sa journée si banale
Pour l'oublier dans une arrière-salle
D'un vieux PMU bien douteux,
Seul ici, Léon est heureux.
Déjà bien loin de la Denise
Encore le cul dans sa ch'mise
De nuit, elle aussi ell' s'oublie
Dans une profond' léthargie.

Ref : Sur ces boul'vards au teint blafard,
Il va comme chaqu' soir au bar
Ecouter les nouvell's histoires
Que lui chuchote son Ricard.
Il aime tant boir' ses paroles,
Toujours jusqu'à c'qu'il dégringole
D'son septièm' ciel artificiel
Pour l'fond du local à poubelles.

Les soirs de lune pleine,
Du moins presqu'autant qu'lui,
Il boit à perdre haleine,
A la douceur de la vie
Et de son eau de vi-
Pèr' du pèr' Marcel,
Lui a perdu tout' vi-
Gueur et toute étincelle,

Pas même un quinté ne l'réveille,
C'est dire à quel point l'est touché,
Pas même un rayon de soleil
Ne pourrait nous le ranimer.
C'est qu'le Marcel nous a quittés,
Il n'est plus tout à fait pareil,
Il vit dans un mond' de merveilles
Aux douces couleurs anisées.

 

Ref : Sur ces boul'vards au teint blafard,
Il va comme chaqu' soir au bar
Ecouter les nouvell's histoires
Que lui chuchote son Ricard.
Il aime tant boir' ses paroles,
Toujours jusqu'à c'qu'il dégringole
Du nirvana, p'têt' mêm' plus haut,
La têt' dans l'fond du caniveau.