Pablo était un de ces nombreux pescador'
Du golf” de Mexico, loin de rouler sur l'or
Il pêchait pourtant, par tous les temps, par tant d'efforts
En rêvant de s'offrir un p'tit peu plus de confort.

Sûr que son vieux rafiot commençait à prend' l'eau,
Que ça f'sait bell' lurette qu'il ne ramenait rien d' beau,
Qu'il ramait tête-à-tête avec son manqu' de pot
Rêvant de crier tout haut “ j'ai pécho le gros lot. ”

Pablo avait ouï dir' qu'un n'veu de l'Oncle Sam,
Un gringo, un de ces tiroirs caisses sans âme
Voulait fair' des affaires, ah c'est qu'ils ont le flair !
Ils sont tell'ment fiers et doués pour ach'ter la misère.

Ref : Que tu sois pêcheur de dorades,
Vipères, rasades ou galères,
N'crois pas le prêcheur au teint fade,
Il te mèn'ra jusqu'en enfer.
Que tu sois pêcheur presque érad-
-Iqué de cett' petite sphère,
Ne crois pas toutes les salades,
Reste sur ton étoil' de mer.

Que tu sois pêcheur de tornades,
Chépèr' en rade de mystère, N'crois pas tous ces prêcheurs maussades
Qui veul'nt te voir les pieds sur terre.
Que tu sois pêcheur de Ménade,
De rêveries au grand air,
Crois dur' comm'“ fer en c'qui t'évade,
En tes plus profondes chimères.

Pablo et le gringo se donnèrent rencard
Dans un p'tit troquet bien à l'abri des regards.
Pablo un peu inquiet n'omit pas sa naïveté
Que le gringo lui avait conseillé d'apporter.



Après quelques mezcals plutôt vite essorés,
L'homme aux yeux de chacal commence à l'embobiner.
Toute une mascarade, finement préparée
Derrière un masque de camarade associé.

Lui fait perdre la tête et Pablo à la masse
Tombe dans le panneau devant tant de caillasses,
En oublie même ses rêves, ses lointain's utopies
Et le sourire aux lèvres finit par dire oui.

Sans pris'de conscience, lui vend sa terr' d'enfance,
En toute insouciance, estime avoir de la chance.
Empoch' le pactole après un court protocole
Et s'en va fêter ça dans la nuit et l'alcool.

Et coule la téquila, la douce mescaline
L'emporte et l'envoie vers de bacchantes divines Mais lors du grand retour où il devient lucide,
Il remarque à son tour à quel point l'est stupide.

Et puis passent les mois et poussent les buildings,
Et trépasse lémoi à m'sur' que les parkings
Recouvrent tout' les plages, il descend dans l'abîme
Des r'mords, sombres marais, cage où il s'envenime.

Ref.