Qui a déjà croisé cette ombre titubante,
Regagnant son refuge, pendant que la nuit chante ?
Elle fait mine d'une étrange sobriété
Et rit parfois au nez de quelques dépravés.

Il quittait rarement un rinceur sur une seule patte
Sans doute par peur qu'à cloche pied il n’éclate
Le reste de sa vieille carcasse imbibée,
Qui a passé bien plus d'une nuit dans un fossé.

Ref : C'vieux zigu’ décolle du zinc
Le zen plutôt dans l'vague
Le Zig va finir dingue
A trop faire de zigzags.

Il était loin d'avoir la langue bien pendue
Mais dans ses plus beaux soirs, on ne l'arrêtait plus,
Lorsqu'il se mettait à tailler la buvette,
En sculpteur assidu, il façonnait la fête.

Je me souviens encore de son air abîmé,
De son regard vitreux, les coudes bien usés,
Tous deux ont dû frotter un paquet de comptoirs
Sans qu'ils n'aient eu loisir de s'en apercevoir.


Ref.

Ayant perdu la foi il y a bien longtemps,
Il regrettait le temps du demi à cinq francs.
Il n'y a que le sien qui travaille jour et nuit
Sans qu'il daigne lui laisser l'ombre d'un répit.

Il aime lever son verre à sa santé qui trinque,
Après deux ou trois bières, il sent qu'il se requinque
Et prend tout à coup un air à moitié ravi
En disant : « Aujourd’hui, quelle journée bien remplie ! »